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Logo UN Discours de la Représentante Résidente du Programme des Nations Unies, Madame Cécile Molinier, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, le 5 juin 2005.


Monsieur le Ministre du développement Rural, de l’Hydraulique et de l’Environnement,
Madame le Maire de la Commune de Tevragh Zeïna,
Messieurs les Partenaires au Développement et chers collègues,
Mesdames Messieurs,

La journée mondiale de l’environnement est l’un des évènements majeurs du calendrier environnemental international, célébrée chaque année le 5 juin par la communauté internationale. Comme vous le savez ladite journée a été instituée en 1972 par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans le but de sensibiliser davantage les populations sur la nécessité de préserver l’environnement et susciter l’intérêt de la classe politique. Elle a aussi pour objet d’encourager la participation des citoyens en vue de modifier les attitudes à l’égard des questions environnementales et d’amorcer des partenariats permettant de garantir à toutes les nations et à tous les peuples un avenir plus sûr et plus prospère.

Honorables invités, cette année, la journée de l’environnement est célébrée dans le cadre du défi de l’environnement urbain sous le thème : « Des villes vertes, un plan pour la planète ».
A ce titre, le Secrétaire Général des Nations Unies, Mr Kofi Annan a adressé un message à la communauté internationale, dont j’ai l’honneur de partager avec vous ici quelques extraits :

« Au cours du prochain quart de siècle, la quasi-totalité de la croissance démographique se produira dans les villes, pour l’essentiel dans les pays les moins développés. D’ici 2030, plus de 60% de la population mondiale vivront en zone urbaine. Cette urbanisation rapide pose de sérieux problèmes, de la pauvreté et du chômage au crime et à la drogue. Dans trop de villes en pleine expansion, les mesures de protection de l’environnement sont insuffisantes et l’urbanisation dépourvue de plan d’ensemble. Pourtant, les conséquences environnementales de la croissance urbaine sont considérables. Les villes sont de gros consommateurs de ressources naturelles et de gros producteurs de déchets. Elles produisent la majeure partie des gaz à effet de serre responsables du changement climatique. Elles dégradent souvent la qualité de l’eau, appauvrissent les nappes phréatiques, souillent le milieu marin., polluent l’air et ruinent la diversité biologique. L’accentuation du phénomène de concentration des hommes dans les villes est telle que le monde ne pourra atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement si la planification écologique n’est pas intégrée dans tous les aspects de l’urbanisme. Certes, créer des villes respectueuses de l’environnement est une énorme gageure, mais les technologies et les compétences nécessaires existent déjà. Des moyens de transport propres, des immeubles économes en énergie, des procédés d’assainissement sûrs et un usage économique de l’eau sont possibles des aujourd’hui, pas seulement demain, souvent à un coût accessible pour tous » Fin de citation.

Mesdames Messieurs,

La Mauritanie n’est pas en reste par rapport a la tendance décrite ci-haut. En effet, avec un taux de croissance élevé de 2,9% en moyenne par an, la population mauritanienne devrait pratiquement doubler d’ici 2020. A cette contrainte démographique qui sous-tend une forte demande sociale pour un pays en voie de développement qui connaît une forte incidence de la pauvreté, plus de 40% de la population, vient s’ajouter une urbanisation peu maîtrisée, notamment vers la capitale Nouakchott qui abrite déjà plus de 30% de la population nationale.

Corollairement, ce mouvement d’urbanisation rapide a eu pour conséquence une situation sanitaire et environnementale préoccupante. En effet, il est manifeste aujourd’hui de constater la problématique quotidienne liée à la gestion des ordures et à l’assainissement dans la capitale et bien d’autres localités. Certes, les pouvoirs publics ont engagé un ensemble de réformes depuis la fin des années 1990 pour juguler cette dégradation de l’environnement urbain, toutefois les investissements multiformes requis demeurent encore très importants. On note parmi ces efforts, la réforme du sous-secteur de l’eau et de l’assainissement en 2001, la mise en place cette même année, avec l’appui de la Banque Mondiale, du programme de développement urbain (PDU) et l’adoption en 2003 du schéma directeur d’aménagement urbain de Nouakchott, la préparation en cours d’une stratégie nationale pour l’assainissement, la tenue de la première revue sectorielle de l’eau et de l’assainissement le 2 juin de l’année en cours, etc.

Monsieur le Ministre du développement Rural, de l’Hydraulique et de l’Environnement,
Madame le Maire de la Commune de Tevragh Zeïna,
Messieurs les Partenaires au Développement et chers collègues,
Mesdames Messieurs,

A l’instar de la communauté internationale, la Mauritanie célèbre aujourd’hui la journée mondiale de l’environnement. Au menu de cette manifestation, nous aurons honorables invités à inaugurer instamment les aménagements réalisés sur l’axe allant du carrefour de la télévision de Mauritanie au carrefour de l’ambassade de France, mais aussi ceux de la place des Nations Unies sise en face du centre culturel français. Ces réalisations ont vu le jour dans le cadre d’un partenariat fécond entre le gouvernement à travers le MDRHE, la commune de Tevragh Zeïna, le réseau des ONGs de l’environnement et de lutte contre la pauvreté, avec l’appui et le financement du Programme des Nations Unies pour le développement et le Programme de Micro-financements du FEM (SGP).

A ce niveau, permettez moi de remercier et de louer l’engagement de tous ces partenaires pour les efforts déployés en vue de la réussite de cette journée. Aussi, je ne saurai oublier ici le réseau des journalistes de l’environnement pour leur mobilisation et leur présence parmi nous. Je ne doute guère que ce réseau s’attellera à communiquer à l’endroit du grand public le sens et la portée de cette journée de l’environnement. Enfin, je salue la présence des jeunes enfants parmi nous, qui représentent la génération future, vis-à-vis de laquelle on a un devoir moral de transférer des biotopes sains et prospères pour leur développement harmonieux.

Au delà de cette journée qui nous réunit aujourd’hui avec pour thème « «des villes vertes », je vous invite a appréhender la portée plus large de cette manifestation, qui embrasse l’environnement dans sa globalité et la nécessité d’en prendre soin dans nos processus de développement socio-économique.

Je vous rappelle que la Mauritanie fait face à des enjeux environnementaux majeurs dont la complexité et le caractère multisectoriel croissent de jour en jour. Les modes d’exploitation agricole et le rôle prépondérant des combustibles forestiers pour la satisfaction des besoins énergétiques des ménages continuent d’évoluer aux dépens des réserves en ressources et superficies forestières. Ces pratiques accentuent le phénomène de désertification, toujours sous l’influence d’une péjoration climatique amorcée depuis les années 70. Par ailleurs, la gestion des ressources halieutiques, de l’eau, la maîtrise du développement urbain ainsi que celui des industries extractives (mines et pétrole) sont autant d’enjeux environnementaux que la Mauritanie doit prendre en compte pour un développement durable du pays, conformément à ses engagements internationaux.

Consciente de ce défi, la Mauritanie a mis en chantier, en 2001, l’élaboration d’une stratégie nationale pour l’environnement et le développement durable avec l’appui du PNUD. Ce processus culminant de l’agenda 21 national a abouti à l’élaboration d’une stratégie nationale de développement durable articulé au CSLP et d’un plan d’action national environnemental (PANE) validés en juin 2004 et soumis au gouvernement pour adoption. Il faut mentionner également que ce plan national a été élaboré dans un cadre de concertation très large incluant l’ensemble des administrations concernées, la société civile, le secteur privé et les partenaires au développement, sous l’ancrage du Conseil National pour l’Environnement et le développement Durable (CNED) .


Mesdames Messieurs,

J’ose espérer que cet acte de communication et de sensibilisation que nous engageons aujourd’hui, contribuera à engager davantage chacun de nous dans le chemin du développement durable. La plupart d’entre nous sommes des décideurs ou des leaders d’opinion et occupons des positions de responsabilité ; nous sommes donc bien placés pour donner l’exemple d’un changement de comportement et d’attitude vis-à-vis des ressources de la planète.

Pour finir, je dirai que l’arbre est un élément central de nos écosystèmes et fournit des services écologiques vitaux. On peut et on doit rendre nos cités plus vertes, plus attrayantes et plus propres, pour notre épanouissement et celui de nos enfants, pour notre santé et pour l’avenir des générations futures.

Je vous remercie.



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© 2003 Nations Unies en Mauritanie. -- Dernière mise à jour le 05/06/2005
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