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Discours du représentant résident du PNUD à l'occassion de l'inauguration du barrage de Mekanet -- 18 mars 2001
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Monsieur le Ministre du Développement Rural et de l’Environnement,
Monsieur le Wali de l’Assaba,
Monsieur le Hakem de Kiffa,
Monsieur le Maire de la commune de Melgue,
Mesdames, Messieurs.

C’est pour moi un grand plaisir d’assister à la cérémonie d’inauguration du barrage de Mekanet, dont la construction a été assurée dans le cadre du Programme de lutte contre l’abandon des terroirs villageois de l’Assaba, exécute conjointement par le Gouvernement mauritanien, le PNUD et le FENU.

J’ai tenu à venir personnellement assister à cette cérémonie pour témoigner de l’importance que le PNUD et le FENU accordent au programme Assaba et à la sécurité alimentaire en milieu rural. 

Permettez-moi tout d’abord de rappeler que le barrage de Mekanet fait partie des quatre nouveaux barrages inscrits au volet infrastructure du programme Assaba qui a consacré à la construction des barrages plus du tiers de son budget total.

Cette importance relative se justifie pleinement par le fait que, dans la Wilaya de l’Assaba, zone à vocation agropastorale, ces barrages jouent un rôle capital dans le développement des terroirs et la protection de l’environnement.  Grâce à la collecte des eaux de ruissellement, ils permettent, en effet, de reconstituer des écosystèmes fragilisés par une sécheresse longue de plus de trois décennies.  Ils permettent à des centaines d’hectares dont les cultures étaient devenues aléatoires parce que fortement dépendantes des pluies, d’être a présent revalorisées, aux nappes phréatiques de se recharger, et à la faune et la flore de se régénérer progressivement. 

Ces effets sont l’occasion de réaffirmer haut et fort qu’il ne saurait y avoir d’avenir pour les agriculteurs des régions où la pluviométrie est faible, aléatoire et soumise à de fortes fluctuations interannuelles, sans une maîtrise minimum de l’eau.  Ce n’est donc pas véritablement une surprise que les populations aient tant souhaité la construction des barrages.  Certes, les barrages représentent la forme la plus élaborée de la maîtrise de l’eau, mais elle est parfois la seule possible ; c’est alors seulement à ce prix que l’environnement peut être régénéré et protégé, et que les populations concernées peuvent assurer leur sécurité alimentaire et contribuer à celle de leur région en y vendant leurs surplus, et par la même rentrer dans une logique de marché et de progrès.  C’est à ce prix qu’elles pourront sortir de la pauvreté et participer au développement de la Nation. 

Nous sommes donc particulièrement heureux d’avoir pu contribuer a cette œuvre au moment ou le pays se  lance dans l’exécution du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté. 

Les populations des communes qui vont bénéficier des barrages, communes qui sont parmis les plus pauvres du pays, vont pouvoir montrer que les investissements qui ont été consentis en leur faveur contribuent non seulement à les fixer sur leurs terroirs, mais aussi à les libérer du cercle infernal de la pauvreté.  Elles vont pouvoir montrer aux populations qui n’ont pas encore eu la chance de bénéficier d’un tel investissement, que la maîtrise de l’eau est bien une condition essentielle pour sortir de la pauvreté.  Elles auront a donner l’exemple, et c’est la une responsabilité sur laquelle je voulais attirer leur attention.

Mais, au delà de la construction du barrage, d’autres efforts ont été consentis par le Programme Assaba dans la région, efforts sans lesquels la mise ne valeur du barrage, sa pérennité et l’éradication de la pauvreté n’auraient aucun avenir, comme l’a montre l’expérience, trop souvent malheureuse, des autres barrages construits en Mauritanie. 

Ces efforts additionnels ont consisté a créer les infrastructures sociales minimums (points d’eau, salles de classes et dispensaires essentiellement) et a donner un accès aux moyens de production qui rendent l’environnement social et économiques attractif et redonnent aux  populations confiance en leur avenir.  Dans l’arsenal des moyens mobilisés, il faut faire une mention spéciale de la microfinance, destinée notamment aux femmes.  L’accès au crédit est, en effet, une condition essentielle pour la mise en valeur des investissements, leur entretien, la diversification des activités agricoles et d’élevage et la création de nouvelles activités génératrices de revenu.  Les résultats obtenus par l’APME qui est chargée de conduire cette opération de microcrédit sont encourageants puisqu’ils ont amené M. le Wali a adresser une lettre d’appréciation a l’APME au mois de décembre 2000. 

 Cette approche intégrant de façon coordonnée les différents aspects de la vie économique et sociale des populations, est une approche difficile à mettre en œuvre.    C’est donc l’occasion de saluer l’efficacité de l’équipe du Programme Assaba et de les féliciter publiquement pour leur courage, leur imagination et leur ténacité.   C’est aussi l’occasion de dire que cette approche complexe a été grandement facilitée par la flexibilité des bailleurs de fonds qui ont toujours été a l’écoute de l’unité de coordination du programme et des populations.

Pourtant, l’approche intégré, l’efficacité de l’équipe du programme et la flexibilité des bailleurs de fonds ne sauraient à elles seules assurer la réussite du programme.   Cette réussite a été rendue possible grâce à l’approche doublement participative qui a été suivie. 

En effet, d’une part, le choix des infrastructures et des activités a  été fait par les populations elles-mêmes sur la base d’une évaluation de leurs besoins ;  et, d’autre part, la programmation des actions et la prise de décision, ainsi que la bonne gestion du patrimoine crée par le programme, ont été confiées aux communes qui ont été renforcées à cette occasion. 

Ce rôle des communes est fondamental pour la pérennité des actions.  C’est à elles, en effet, que reviennent  les tâches délicates d’organiser l’entretien du patrimoine, de continuer à améliorer l’environnement social et d’accompagner le développement des activités productives.  Le gouvernement est d’ailleurs si convaincu de ce rôle clé des communes, qu’il a décidé de faire un bilan de la décentralisation de la décade écoulée, et de lui donner un nouvel élan.   Ce bilan sera l’objet d’un atelier sur la décentralisation qui se tiendra a Nouakchott le mois prochain.   Je suis convaincu qu’à cette occasion, l’expérience des communes de  l’Assaba apportera un concours précieux aux débats et permettra au Gouvernement de s’en inspirer pour décider de ses orientations et actions futures pour renforcer la décentralisation dans le pays.  Ici encore, les communes de la wilaya de l’Assaba doivent  donc prendre pleinement conscience de leur responsabilité nationale.

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Wali,
Mesdames et Messieurs,

Je ne saurais terminer ces quelques mots sans souhaiter aux populations du terroir de Mekanet une exploitation fructueuse de cet ouvrage des la prochaine campagne agricole.   Je voudrais aussi exprimer le souhait que la cérémonie qui nous réunit aujourd’hui, se reproduise avant l’hivernage sur les trois autres barrages restants ; de sorte que les autres communes et populations de la wilaya disposent aussi, dès la prochaine saison agricole, de ce que nous considérons comme un instrument  clé de leur développement économique et social.

Je voudrais, enfin, exprimer  le vœu que d’autres intervenants viennent dans la région apporter leur soutien aux communes pour leur faciliter l’accès aux technologies simples de maîtrise de la production agricole et animale,  je pense notamment au programme spécial de sécurité alimentaire, le PSSA, et aux ONG qui  ont vocation d’accompagner les communautés dans leur développement.

Le PNUD et le FENU, en ce qui les concerne, soyez-en assurés, continueront aux côté de la République Islamique de Mauritanie, des autorité locales et régionales de l’Assaba et des populations concernées, à faire ce qui est à leur portée pour aider l’Assaba à sortir définitivement des zones de grande pauvreté. 

Je vous remercie.
 


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© 2001 Nations Unies en Mauritanie. -- Dernière mise à jour le 20/03/2001
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