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DISCOURS DU COORDONATEUR RESIDENT A L’OCCASION DE LA JOURNEE COMMEMORATIVE DE LA DECLARATION UNIVERSELLE  DES DROITS DE L’HOMME ET DU  ANCEMENT DES ACTIVITES PREPARATOIRES A LA III ème CONFERENCE MONDIALE CONTRE LE RACISME, LA XENOPHOBIE, LA DISCRIMINATION RACIALE ET L’INTOLERENCE QUI Y EST ASSOCIEE
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Messieurs les Ministres,
Monsieur le Commissaire,
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

C’est un honneur pour moi de célébrer avec vous, comme il est devenu l’usage chaque année, la Déclaration Universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948.  

Cet instrument juridique continuera à rayonner sur tous les peuples de génération en génération, tant que les relations sociales entre les hommes n’en respecteront pas les principes fondamentaux. Le chemin est encore long, et nous aurons encore beaucoup de journées à célébrer avant que la déclaration universelle des Droits de l’Homme ne perde de son actualité.

Pourtant, cette année nous avons l’espoir de franchir un nouveau pas. En effet, la préparation de la 3 ème Conférence mondiale contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui se tient en Afrique du Sud du 31 août au 7 septembre 2001, est l’occasion de discuter ouvertement et collectivement des mesures qui pourraient être prises pour extirper de toutes les sociétés les racines du racisme et de la xénophobie, croyances et attitudes qui restent une des principales insultes au respect des droits de l’homme.

Il faudra sans doute retenir des derniers cinquante ans du millénaire qui vient de s’achever qu’il a engendré des progrès révolutionnaires dans les moyens de communication, et que ceux-ci ont brisé les barrières entre les pays et nous ont obligé à concevoir notre monde comme un monde global ; mais il faudra aussi en retenir qu’il a été la période de l’histoire moderne au cours de laquelle les plus grands massacres ont été menés au nom de la race, de l’ethnie, de l’identité ou de la religion, particulièrement en Europe et en Afrique.

Ces événements nous concernent tous. Ils nous conseillent d’être vigilants, de nous mobiliser. Dans ce sens, il faut apprécier à sa juste dimension et saluer les efforts conventionnels que la Mauritanie a entrepris ces dernières années, en ratifiant les principaux instruments juridiques internationaux de protection des droits de l’homme, qu’il s’agisse des conventions universelles ou de celles ayant une portée régionale.  La création du Commissariat aux Droits de l’Homme, à la lutte contre la Pauvreté et à l’Insertion en 1998 témoigne aussi de l’importance que le Gouvernement attache à cette question.

Mais la préparation de la troisième conférence mondiale contre le racisme offre à la Mauritanie l’occasion d’aller plus vite et plus loin. Votre gouvernement l’a bien compris en décidant d’organiser cette journée pour lancer une campagne de sensibilisation autour de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et pour préparer la III ème Conférence mondiale contre le Racisme.

Certes,  le racisme n’a pas droit de cité en Mauritanie, en tant que théorie,  et il ne peut donc y conduire aux dérives observées dans d’autres pays. Mais, qui pourrait nier qu’on trouve ici comme ailleurs, y inclus dans mon propre pays, des comportements xénophobes et racistes ? N’est-il pas évident qu’à travers certaines traditions sociales se perpétuent des comportements que l’on peut qualifier de racistes, même s’ils ne sont pas l’expression de croyance de cette nature? Extirper ces comportements d’un autre âge  n’est pas simple. Cela nécessite du temps, de la compréhension, des campagnes de sensibilisation, du savoir faire. Cela nécessite aussi de la clairvoyance et du courage.

Mais, cette clairvoyance et ce courage pour affronter sans détour les difficultés qui ralentissent le progrès ne sont-elles pas, justement, ce qui distingue les peuples forts, ceux qui ont mis l’honneur au premier plan de leurs valeurs, comme l’a fait votre pays dans sa devise nationale ?

En fait, je suis convaincu que la Mauritanie a encore plus de raisons et de possibilités que beaucoup d’autres pays de prendre des positions d’avant garde sur la question du racisme et de la xénophobie. En effet, il me semble que  la force de ce pays est d’avoir bénéficié d’apports multiples de peuples et de races différentes. C’est cette diversité qui contribue à son attrait et à sa richesse. C’est aussi sa capacité à comprendre et assimiler des cultures diverses qui lui donne une position stratégique dans cette partie du continent.

Pour que la Mauritanie prenne vraiment des positions d’avant garde lors de la conférence sur le racisme et la xénophobie en Afrique du Sud, pays historique du racisme et de l’anti-racisme, il faudrait rechercher dans l’histoire de la Mauritanie et dans sa culture, toutes ces valeurs et tous ces principes qui lui ont permis de se construire comme une société multiraciale et tolérante. 
Au moment où le pays se préoccupe de rassembler et de protéger son patrimoine, il devrait être possible d’identifier dans ce patrimoine les idées, les valeurs et les principes qui condamnent le racisme et la xénophobie à la fois en tant que théorie et comme comportement. La religion musulmane elle-même n’offre-t-elle pas dans ses textes de multiples precepts condamnant toutes les formes de discriminations ? Les sages de ce pays et ceux qui cherchent à préserver son patrimoine ne pourraient-ils pas faire cet effort de mémoire et de recherche pour expliquer au public et aux autres pays lors de la conférence, à partir de quelles valeurs  la Mauritanie a pu devenir un pays riche et fier de sa diversité, et en même temps un pays conscient des dangers et attentif à s’en préserver ? 

Monsieur Le Ministre, pour le PNUD, comme pour la communauté internationale dans sa très large majorité, le respect des droits humains et une préoccupation majeure parce que nous sommes convaincus qu’un progrès humain durable est indissociable du respect des droits de l’homme. Vous vous souviendrez, d’ailleurs sûrement que les droits de l’homme étaient le thème central du rapport mondial sur le développement humain durable de l’an 2000.  Le  Gouvernement l’a lui-même a exprimé la même conviction à plusieurs reprises, notamment à travers la déclaration d’orientation sur la bonne gouvernance adoptée en conseil des Ministres le 8 décembre 1999 puisque cette déclaration place le respect des droits de l’homme comme l’un de piliers de la bonne gouvenance.  
Le PNUD est donc disposé  à apporter son soutien à toute initiative qui servirait à promouvoir les droits de l’homme. Nous sommes prêts notamment à soutenir un programme de sensibilisation et de formation sur tous les aspects importants relatifs aux droits de l’homme et donc, en particulier, sur la lutte contre la xénophobie et le racisme. Dès que le Gouvernement aura donné son aval au programme qui lui a été soumis, nous l’aiderons  à l’exécuter en liaison avec d’autres partenaires de la communauté internationale.

Ce programme sera l’occasion pour la Mauritanie de prendre conscience et donc de préserver toutes ces valeurs qui ont  construit la société multiraciale et font sa force et donc aussi de mieux la prémunir contre les dangers qui subsistent.

Oui, Monsieur le Ministre, dans ces conditions, je crois que votre pays pourrait aller en Afrique du Sud et projeter d’elle même l’image d’un pays d’avant garde. Ce défi est à notre portée,  nous sommes à votre disposition pour vous aider à le relever,

Je vous remercie.
 
 


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© 2001 Nations Unies en Mauritanie. -- Dernière mise à jour le 26/01/2001
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