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| DISCOURS DU REPRESENTANT
RESIDENT DU PNUD
à l'occasion de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse (6 mai 2002) |
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| C’est pour moi un
grand plaisir de participer, cette année encore, à la célébration
de la Journée internationale de la liberté de la presse.
Comme vous le savez, cette journée est depuis 1993, date de sa proclamation
par l’Assemblée générale des Nations Unies, l’occasion
d’attirer l’attention de l’opinion publique et des gouvernants sur l’importance
de la liberté de la presse en tant que partie intégrante
des droits de l’homme et facteur de progrès des nations.
La corrélation entre la liberté de la presse et le développement est si forte dans l’histoire des nations qu’il ne faut pas manquer une occasion de la souligner. Toutefois, il faut aussi remarquer que la liberté de la presse est tellement entrée dans les mœurs internationales qu’on a parfois tendance à oublier que cette liberté n’est source de progrès réels que si elle s’accompagne d’une professionnalisation de la presse, surtout dans les pays où la presse n’a pas encore derrière elle une histoire assez longue pour être forte et reconnue par les pouvoirs comme essentielle au développement national. La professionnalisation de la presse devrait donc pour cette raison avoir, à notre avis, un caractère prioritaire dans les programmes d’aide au développement. C’est aussi l’occasion de rappeler que la liberté de la presse, comme toutes les formes de liberté, s’accompagne de devoirs et que la conscience et le respect de ces devoirs conditionnent la sérénité des rapports entre le pouvoir et les médias. En Mauritanie, la conscience de ces devoirs a émergé progressivement ces dernières années. Cette prise de conscience est tout à l’honneur du pouvoir et de la profession car, contrairement aux idées reçues, elle ne se fait pas facilement dans l’histoire d’un pays. Cette prise de conscience n’est pas, en effet, une affaire d’individus ou de points de vue individuels, mais le résultat d’une évolution de la société. Il faut donc accepter l’idée que la profession et ses rapports avec le pouvoir ne peuvent évoluer qu’en syntonie avec les progrès de la société et de la démocratie; ce qui n’est pas facile lorsqu’on est à titre personnel légitimement anxieux de voir le pays progresser le plus rapidement possible sur le plan des libertés. Cette évolution de la presse a été quelque peu bousculée ces dernières années en Mauritanie, comme celle tous les pays, par un défi majeur, celui de s’adapter à l’évolution fulgurante des moyens de communication. Cette adaptation nécessite non seulement une maîtrise de ces nouvelles technologies, mais aussi des compétences accrues à tous les niveaux de la profession. La presse Mauritanienne a commencé à relever ce défi. D’abord, un petit groupe de journalistes ont décidé, il y a deux ans, de se lancer dans l’aventure du Cyberforum qui a été lancé par la société civile pour participer plus effectivement et de façon plus soutenue à la lutte contre la pauvreté et pour les droits de l’homme. Dans le prolongement de cette action, l’année dernière, plus d’une centaine de journalistes se réunissaient pour adopter la première Charte d’Ethique et de Déontologie signée par la quasi-totalité de la profession. Les journalistes ont alors mis en place un Comité chargé de veiller au respect de cette Charte. Les représentants de la presse ici présents saisiront sûrement l’occasion de cette réunion pour procéder au bilan des activités du Comité afin de mesurer le chemin parcouru et d’identifier les domaines dans lesquels d’autres progrès pourraient être accomplis. Nous les encourageons dans cette démarche car, répétons-le, plus grande sera la qualité de la presse, plus forte sera la démocratie et, ce faisant de développement économique et social. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher de relever à ce sujet que le rapport de force qui à la fois unit et oppose, comme il se doit, le pouvoir politique et la profession des journalistes a évolué de façon très positive au cours de l’année écoulée, ce dont nous nous félicitons, même si certains événements sont venus perturber cette atmosphère constructive. Parallèlement à ces initiatives qui ont permis d’avancer dans la professionnalisation de la presse et dans son adaptation au nouveau contexte technologique universel, d’autres initiatives ont été entreprises avec le soutien du PNUD et de la France pour répondre aux besoins de formation des journalistes. Je voudrais en profiter pour féliciter tous les journalistes qui ont participé à la formation au reportage sur le terrain dans les domaines de la lutte contre la pauvreté et des technologies de l’information et de la communication. Ils ont manifesté un tel sérieux au cours de ces formations qu’elles ont été une expérience enrichissante non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs formateurs et ceux qui les ont accompagnés. Je suis ainsi convaincu que la préparation de leurs reportages leur a permis de mieux appréhender la perception qu’ont les populations de ces sujets qui sont au cœur des préoccupations de la Mauritanie d’aujourd’hui et que les reportages publiés dans la presse ont contribué à améliorer l’information des lecteurs. Ces reportages ont donné lieu à un concours pour primer les trois meilleurs d’entre eux sur la lutte contre la pauvreté et les trois meilleurs sur les nouvelles technologies. Ces prix seront remis dans le cadre de la célébration de cette Journée internationale de la liberté de la presse, et nous voyons dans cette décision l’affirmation répétée que l’acquisition de connaissance est bien le principal moteur des libertés. La profession étudie
en ce moment d’autres initiatives qui pourraient être lancées
cette année et je voudrais l’assurer que le PNUD reste disposé
à l’accompagner dans la mesure où nous sommes convaincus
que ces initiatives pourraient contribuer à professionnaliser
toujours davantage la presse et à améliorer la relation de
confiance et de respect mutuel entre la presse et le pouvoir.
Je vous remercie
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