| |ACCUEIL | FAO | FNUAP | HCR | OMS | PAM | PNUD | UNICEF | BANQUE MONDIALE | ONUSIDA | |
| DISCOURS DU REPRESENTANT
RESIDENT
DU PNUD A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE L’ATELIER DE CONCERTATION SUR LE PROCESSUS DE L’ELABORATION DU PLAN D’ACTION DES DROITS DE L’HOMME (17 – 18 mars) |
|
|
| S’il y a un domaine dans lequel il est particulièrement justifié de parler d’accélération de l’Histoire, c’est bien celui des Droits de l’Homme. En effet, alors qu’au début du XX ème siècle plus de la moitié de la population du monde vivait encore sous un régime colonial dans des conditions difficilement imaginables, aujourd’hui, les trois quarts de l’humanité vivent sous des régimes démocratiques et des progrès énormes ont été fait pour éliminer les discriminations fondées sur le genre, la religion ou la race, et pour offrir aux populations un accès aux services sociaux de base garantissant leur droit à une vie décente. |
|
Il
a quand même fallu attendre que les peuples aient fait leur autocritique
de la barbarie de la 2eme guère mondiale pour que la communauté
internationale adopte en 1948 la déclaration universelle des Droits
de l’Homme, c’est à dire une déclaration reconnaissant que
le respect des Droits de l’Homme pour tous était une responsabilité
collective de tous les Etats.
L’expérience internationale de l’après guerre a montré ensuite sur tous les continents que le développement d’un pays dépendait étroitement des progrès qu’il réalise dans le respect des Droits de l’Homme et elle a permis de préciser le champ couvert par ces droits. On peut dire aujourd’hui qu’une société respectueuse des Droits de l’Homme est: - une société exempte de toute forme de discrimination, c’est à dire où le droit à l’égalité est respecté ; - une société où la satisfaction des besoins fondamentaux est assurée, c’est à dire où chacun peut mener une vie décente ; - une société où la liberté de chacun de pouvoir se développer et de réaliser son destin est garantie ; - une société libérée de la peur, c’est à dire où chacun vit sans que sa sécurité personnelle soit menacée à cause de ses idées, de ses croyances ou de son origine ; - une société où l’on ne craint pas l’injustice ; - une société où chacun peut jouir de la liberté de participation, de parole et d’association ; - une société offrant un travail décent et libéré de toute form d’exploitation. Toutes ces composantes ont été reprises en 1993, dans la déclaration connue sur le nom de Déclaration Internationale de Vienne, qui présente le cadre de référence des valeurs morales universelles sur lesquelles se fondent les Droits de l’Homme et les conventions et traités internationaux dans ce domaine. Cette déclaration affirme que toutes les composantes des Droits de l’Homme ont un caractère universel, sont interdépendantes et indivisibles, c’est à dire que le non-respect de l’une d’entre elles dans un pays remettrait en cause les efforts de ce pays pour respecter les autres. Mais la déclaration de Vienne stipule aussi que chaque Etat doit aller plus loin et se doter lui-même d’un plan national d’action visant à mettre en application ces valeurs morales et les traités et conventions dans le contexte spécifique du pays. Cette recommandation est essentielle à deux titres. Tout d’abord, parce qu’elle s’appuie sur l’expérience internationale selon laquelle les actions en faveur des Droits de l’Homme doivent être intégrées dans les programmes nationaux de lutte contre la pauvreté et de bonne gouvernance pour être efficace et selon laquelle, inversement, les politiques de réduction de la pauvreté ont plus de chances d’être efficaces, durables et justes si elles sont guidées par les valeurs et les engagements internationaux en matière de Droits de l’Homme. C’est d’ailleurs affaire de bon sens puisque la pauvreté est essentiellement la non-satisfaction d’un certain nombre de droits fondamentaux, comme manger à sa faim ou pouvoir se soigner ou apprendre, et que ce sont les pauvres qui sont les plus sujets aux différentes formes d’exclusion sociale, d’isolement, d’aliénation, de discrimination ou d’inégalité. Le non-respect des Droits de l’Homme crée de la pauvreté, autant que la pauvreté peut créer la discrimination et le non-respect des droits fondamentaux Ce lien étroit entre lutte contre la pauvreté et le respect des Droits de l’Homme est parfaitement reconnu en Mauritanie puisque le Commissariat chargé de la lutte contre la pauvreté est aussi, chargé des Droits de l’Homme, et que le CSLP incorpore explicitement toutes les composantes d’une politique de respect des Droits de l’Homme. Pour des raisons semblables, la protection de Droits de l’Homme est aussi au centre de la politique nationale de bonne gouvernance parce qu’une telle politique vise notamment à donner la parole aux sans parole et à faire jouer à la société civile un rôle majeur dans le dialogue entre un Etat et son peuple afin que l’Etat prenne des décisions conformes aux aspirations de sa population. Mais la nécessité de préparer des plans d’action nationaux résulte aussi d’une autre considération tout aussi importante, à savoir que les progrès en matière de Droits de l’Homme ne peuvent être accomplis à partir de recettes définies au niveau international. Ces progrès et leur rythme doivent être définis par chaque pays sur la base d’un large dialogue avec toutes les composantes de la société. Un tel dialogue est un facteur de participation, d’insertion et d’apprentissage social. Il permet de définir ce que la société est prête à accepter pour faire progresser la situation des Droits de l’Homme à ce moment précis de son Histoire, sachant que plus tard elle pourra en faire davantage. Il s’agit donc d’enclencher un processus et c’est pourquoi il est essentiel que ce dialogue ne soit pas conflictuel pour qu’il puisse déboucher sur des décisions opérationnelles et des progrès. Certes, les esprits les plus exigeants par rapport aux standards internationaux seront toujours insatisfaits des progrès réalisés et continueront à prôner des progrès plus rapides. Même s’ils ont entièrement raison au regard de l’éthique internationale, ils doivent accepter qu’aucune société n’évolue à coup de décisions dans ce domaine. Toutes les composantes de la société doivent pouvoir participer en toute sérénité à ce dialogue qui permet de prendre une conscience collective de ses faiblesses, de les accepter et de prendre les décisions consensuelles permettant de progresser. Dans ce dialogue, les élites doivent tirer la réflexion de l’avant, et les décideurs de leur côté doivent fonder leur décision à tout instant seulement sur ce que la société est prête à absorber à ce moment de son Histoire et en fonction de la disponibilité de moyens pour accompagner les changements nécessaires. Le plan national d’action en matière de Droits de l’Homme que vous allez préparer dans les mois à venir sera donc fondé sans aucun doute sur le socle culturel mauritanien et sera empreint d’un islam ouvert et tolérant, d’un islam vecteur de paix et de solidarité. Il comportera, outre les actions spécifiques requises par l’application des conventions internationales, des composantes très importantes de formation et d’éducation en matière de Droits de l’Homme ainsi qu’un renforcement des capacités de la justice pour lui permettre d’intégrer les standards internationaux dans les lois nationales. Permettez-moi de conclure en souhaitant donc que le processus de préparation du plan d’action permette à la Mauritanie de passer de l’époque d’un dialogue aux formes accusatoires, à un dialogue constructif, tolérant, non polémique et lui permettra en même temps de dégager de façon consensuelle les actions de nature à faire progresser la situation de Droits de l’Homme dans le pays. Ce processus renforcera le climat de stabilité sociale et consolidera les bases de la lutte contre la pauvreté et de la bonne gouvernance. Au plan international, il permettra aussi à la Mauritanie de mieux s’intégrer dans la communauté internationale. Je vous remercie
|
| |ACCUEIL | FAO | FNUAP | HCR | OMS | PAM | PNUD | UNICEF | BANQUE MONDIALE | ONUSIDA | |
|
|