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GROUPE CONSULTATIF, décembre 2001
PROGRAMME NATIONAL DE BONNE GOUVERNANCE (PNBG)
Intervention du Coordonnateur du Système des Nations Unies
 
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Monsieur le Président, comme l’on souligné hier plusieurs délégations, le Programme National de Bonne Gouvernance (PNBG) qui nous est présenté est de la plus grande importance pour affronter dans de bonnes conditions les transformations profondes que vit la Mauritanie et dont nous avons largement parlé hier. Il est donc légitime qu’il s’agisse d’un programme ambitieux, ce qu’il est puisqu’il aborde tous les domaines majeurs de la gouvernance ; au point qu’on est en droit de se poser la question de savoir s’il est réaliste. Après tout, moins on a une bonne maîtrise de la gouvernance, moins il est facile de faire progresser la gouvernance !

Nous voudrions cependant souligner deux facteurs qui le rendent tout à fait crédible à nos yeux.

 
D’abord, ce programme n’a pas été préparé dans la précipitation et par des experts venus de l’extérieur. Les différents volets qui le composent ont tous déjà fait l’objet d’un début de réalisation depuis 1997. C’est donc un programme qui a émergé progressivement des entités concernées ; et celles-ci ont toutes participé à la définition du cadre qui vous est présenté. Plusieurs volets ont même déjà vu un début d’exécution. Les autres vont être précisés en détail au cours de l’année 2002, également de façon entièrement participative.

Ensuite, ce programme bénéficie d’un soutien politique continu depuis décembre 1999, date à laquelle il a fait l’objet d’une déclaration politique adoptée en conseil des ministres. Sa présentation au Groupe Consultatif témoigne d’ailleurs de l’importance que lui accordent les plus hautes autorités de l’Etat.

 
 Cette crédibilité du programme n’est pourtant pas suffisante pour assurer son succès, car il s’agit d’un programme difficile à mettre en oeuvre et qui requiert de la part des partenaires de la Mauritanie un soutien attentif, effectif et coordonné dès son démarrage. Quelques remarques sur plusieurs volets du programme illustreront et justifieront cette affirmation.

Sur un certain nombre de dossier, la Mauritanie a prouvé qu’elle pouvait gérer le changement avec succès, par exemple quant il s’est agi de privatiser les grandes sociétés d’état. Mais elle a aussi montré ses limites quant elle doit mobiliser des structures par opposition au savoir-faire de quelques-uns. L’appareil administratif reste en effet trop faible et paralysé par des habitudes forgées au gré de l’aide extérieure et de pratiques hadicapantes qui incluent notamment une certaine corruption au niveau des projets, phénomène qui n’est d’ailleurs pas propre à la Mauritanie. Les difficultés d’organiser un travail en équipes pluridisciplinaires, d’avoir une coordination interministérielle efficace et d’organiser le suivi et l’évaluation aussi bien au niveau des programmes et projets qu’au niveau national, sont des symptômes qui à cet égard ne trompent pas.

La modernisation de l’administration est donc une grande priorité. Tout le monde convient, y compris l’Administration elle-même et surtout le Gouvernement, ce qui est faire preuve de courage et d’engagement ; au point que les limites de la capacité d’absorption de l’administration sont identifiées par le PRSP comme son premier risque d’échec.

Plusieurs administrations ont commencé une analyse interne pour identifier les changements nécessaires. Nous savons d’ores et déjà, car le PNUD aide le Gouvernement dans ce travail d’analyse, que ces changements vont nécessiter un effort financier et des moyens humains importants pour renforcer les capacités et revaloriser l’échelle des salaires. Ces moyens seront d’autant plus importants qu’il est difficilement concevable aujourd’hui de moderniser l’Administration sans y introduire les nouvelles technologies de l’information. Cela serait d’autant plus opportun que ces technologies peuvent être utilisées à la fois comme outil de la transformation et comme motivation pour que les personnels adoptent le changement ; à condition bien sûr, que l’introduction des nouvelles technologies soit bien mise en phase avec des réformes. C’est d’ailleurs l’occasion de marquer notre soutien à cet axe de la stratégie du Gouvernement concernant les nouvelles technologies qui sera présentée demain.

De tels moyens pour un programme de cette nature seraient peu efficients s’ils n’étaient étroitement coordonnés. La présence au sein du Ministère des Affaires économiques d’un coordonnateur du programme est en ce sens un atout. Nous voudrions d’ailleurs proposer d’aller encore plus loin et que les donateurs établissent, comme cela s’est déjà fait dans d’autres pays, un pool pour le financement du Programme de Bonne Gouvernance dans son ensemble. Le Gouvernement disposerait ainsi d’un outil plus efficace pour conduire son exécution. Il faudrait que chaque grand programme ou projet identifie pour le secteur qui le concerne ses besoins en termes de gouvernance et contribue à les satisfaire à travers ce pool, ce qui assurerait la coordination des efforts des partenaires en matière de gouvernance, même si l’exécution reste la responsabilité des secteurs concernés.

Le PNUD en ce qui le concerne, continuera à apporter son soutien au processus de modernisation de l’Administration et fera tout ce qui lui est possible pour que ses apports soient coordonnés avec ceux des autres sources de financement. Mais il est clair que son concours sera largement insuffisant comparé aux besoins les plus urgents.

Un autre aspect institutionnel nécessitera des apports extérieurs importants, c’est la décentralisation et la gouvernance locale, que ce soit pour renforcer les capacités des personnels déconcentrés ou des élus locaux, pour les infrastructures ou pour créer les conditions d’un démarrage de véritables dynamiques locales où les communautés bénéficiaires sont véritablement engagées et deviennent les principaux acteurs du progrès à l’intérieur du pays.

Le PNUD continuera à s’associer à ce processus et à l’encourager sous différentes formes et, notamment, par la définition d’une nouvelle stratégie et des actions à entreprendre, par le renforcement des capacités de gestion des communes et par le lancement d’initiatives pilote, comme par exemple les CyberCommunes. Il s’agit d’un vaste chantier sur le long terme qui, lui aussi, est déterminant pour le développement du pays et la lutte contre la pauvreté.

Monsieur le Ministre, nous avons eu hier l’occasion de souligner le rôle clé qu’était amenée à jouer la société civile dans le développement économique de la Mauritanie. Nous avons aussi souligné ses besoins propres et l’aide que le Système des Nations Unies lui apportait, qu’il s’agisse des ONG, de la presse, des élus et de toutes les autres composantes de la société civile. Nous n’y reviendrons pas, mais nous saisissons cette occasion pour souligner l’importance de développer les moyens de communication et les médias pour atteindre les objectifs de développement que s’est fixés le gouvernement. Nous pensons, en particulier, qu’il est grand temps de développer la radio et ses programmes pour qu’elle parvienne jusqu’aux zones les plus reculées du pays. Il s’agit d’un outil très efficace pour la communication et la formation et qui permet aux communautés les plus éloignées de participer à la vie de la nation.

Dans une société en pleine mutation, les transformations socioculturelles et les choix de société sont particulièrement difficiles et doivent donc être discutés ouvertement. Le PNUD, avec plusieurs partenaires représentés ici aujourd’hui, financera donc un programme de sensibilisation et de formation dans le domaine des droits de l’Homme en 2002. Dans le même esprit, un bon fonctionnement de la démocratie est indispensable pour que le débat d’idées soit constructif. Aussi apporterons-nous des appuis aux institutions démocratiques pour leur permettre de mieux fonctionner.

Compte tenu de l’importance centrale du PNBG à cette étape critique du développement de la Mauritanie, le Système des Nations Unies, et le PNUD en particulier, s’est engagé pleinement à le soutenir et l’a retenu comme un de ses quatre axes stratégiques dans son programme 2003-2008.

Il est clair cependant que les principaux chantiers de ce programme ne sauraient porter leurs fruits sans un soutien extérieur important et sans une coordination étroite de tous les bailleurs de fonds. C’est là sans doute un défi qui est lancé à nous les partenaires extérieurs autant qu’a Gouvernement.

Je vous remercie.


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© 2002 Nations Unies en Mauritanie. -- Dernière mise à jour le 06/02/2002
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