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GROUPE CONSULTATIF, décembre 2001 
Intervention du Coordonnateur du Système des Nations Unies
 
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Merci Monsieur le Président. Je vous adresse ces quelques mots au nom de l’ensemble des agences du Système des Nations Unies travaillant en Mauritanie que j’ai l’honneur de coordonner. 

Permettez-moi tout d’abord de féliciter le gouvernement mauritanien et la Banque Mondiale pour avoir su organiser dans les délais cette réunion du Groupe Consultatif et remercier aussi le bureau de la Banque Mondiale à Paris pour son accueil. 

Monsieur le Ministre, vous nous avez  brossé brillamment un tableau synthétique de la situation économique de votre pays. Je voudrais dire que cette description nous paraît fidèle. Vous avez décrit une économie saine, redressée et dont les principaux équilibres paraissent durablement assurés, surtout depuis que l’allègement de la dette a été obtenu dans le cadre de l’initiative PPTE 2. 

Vous avez également souligné que cette économie bénéficie désormais de la libéralisation des marchés et des prix, d’une amélioration de l’environnement juridique et judiciaire des affaires et d’un recentrage des missions de l’Etat sur la régulation, l’allocation des ressources et le développement des services sociaux de base. 

Il ne s’agit pas d’une situation conjoncturelle favorable, mais bien d’une situation qui résulte de 10 années d’efforts de restructuration. 

Aussi sommes nous convaincus que la situation économique de votre pays vous donne les moyens de conduire une politique de développement audacieuse et qu’il vous est possible d’atteindre les objectifs ambitieux que vous vous êtes fixés dans le document cadre de lutte contre la pauvreté, le CSLP. 

Situation sociale, et particulièrement celle des pauvres, nécessite une telle ambition, non seulement dans une perspective de justice sociale, mais aussi pour ne pas mettre en danger les progrès réalisés dans le champ de l’économie. Certes, vous avez fait état d’avancées significatives, notamment depuis 1996, dans les principaux indicateurs de la pauvreté, comme en témoigne l’évolution du profil de pauvreté depuis cette date. Beaucoup d’initiatives ont aussi été prises pour moderniser la société, comme par exemple récemment l’adoption du code personnel ou la réforme du système éducatif. 

Pourtant, la Mauritanie demeure toujours un pays dont l’Indice de Développement Humain est très bas, dont 46% de sa population vit au-dessous du seuil de pauvreté, dont 40% de ses enfants souffrent de malnutrition, et dont les taux de mortalité infanto-juvénile et maternel sont à des niveaux intolérables. En d’autres termes, même si l’analyse que vous nous avez présentée de l’état d’avancement du CSLP est, globalement, encourageante, l’ampleur des progrès qui restent à réaliser et des efforts qui doivent être entrepris est considérable. 

Nous pensons que la Mauritanie, en plus d’un cadre économique sain, possède de nombreux autres atouts pour continuer à redresser cette situation et sortir de la catégorie des pays à faible développement humain, j’en relèverai ici deux seulement qui, à notre avis, justifient pleinement que la communauté internationale prête main forte à  la Mauritanie à ce moment crucial de son histoire et de son développement. 

D’abord, ses ressources humaines sont de bonne qualité et elles ont déjà fait la preuve de leur bonne capacité normative. La diversité culturelle est elle-même source de modération, de nuances et de raison. Il s’agit, à notre sens, d’un atout maître, même s’il est encore insuffisamment exploité et justifie à ce titre une attention prioritaire de la part de la communauté des donateurs. 

Le deuxième atout relève du champ politique globale depuis l’avènement de la démocratie en 1992, même si les remaniements ministériels fréquents destabilisent quelque peu le travail des administrations. Ensuite, la Mauritanie bénéficie d’un autre atout politique relativement rare et pourtant essentiel pour le développement, qui est l’engagement personnel et continu de son chef d’Etat pour soutenir des choix stratégiques et une vision à long terme du développement national. Ces choix et cette vision vont dans le sens des priorités établies par la communauté internationale, notamment dans les domaines de l’éducation, du rôle de la femme et des nouvelles technologies. Enfin, le troisième atout politique a été acquis très récemment à l’occasion des élections législatives et municipales d’octobre 2001. En effet, on peut dire qu’aujourd’hui la Mauritanie, après 9 ans de maturation de sa démocratie naissante est entré de plain-pied dans l’ère d’une démocratie moderne, favorable à l’instauration d’un vrai débat politique et à une accélération des transformations sociales, culturelles et économiques. 

Monsieur le Ministre, ce contexte économique et ces atouts sont éminemment favorables et encourageants. Et le Système des Nations Unies y voit toutes les raisons pour investir ses efforts avec confiance dans votre pays. 

Nous sommes néanmoins tout aussi convaincus que la Mauritanie se trouve dans une phase critique de son développement, et qu’elle doit être encore en état d’alerte pendant plusieurs années. Certes, la Mauritanie a su traverser les troubles sociaux qui ont jalonné la période des ajustements structurels, et elle se trouve aujourd’hui en bonne position pour affronter les transformations profondes que va nécessiter son intégration dans la société moderne, dans le jeu démocratique et dans le village planétaire ; mais les défis que soulèvent ces transformations sont tels que nous sommes convaincus qu’elle ne peut les relever sans une aide internationale importante pendant les cinq prochaines années. 

Il y a des besoins clairs, impératifs. Par exemple, desserrer les contraintes structurelles à une base économique restreinte, extravertie et faiblement intégrée, parce que ces contraintes limitent les effets d’entraînement et donc l’impact de la croissance, tant en termes d’emploi que de génération de revenus. Par exemple encore, il faut réduire le large déficit d’infrastructures pour les transports et les services sociaux de base, déficits difficiles à résorber dans un pays d’une telle étendue et avec une population encore largement clairsemée. A cet égard d’ailleurs, consacrer près de 50% du Programme d’Investissement Publique aux infrastructures nous semble pleinement justifié. Il y a aussi des besoins énormes dans les secteurs de l’éducation et de la santé qui sont maintenant bien identifiés grâce à des évaluations sectorielles, même si dans certains cas ils nous semblent parfois sous-évalués, je pense notamment à la lutte contre le SIDA et à l’éducation des langues. 

Il y a aussi des besoins immédiats relativement faciles à identifier pour soulager la misère et permettre aux plus démunis de participer à l’effort de développement national. Ils peuvent être satisfaits à travers des actions de proximité pour améliorer l’environnement social des pauvres et leur créer des opportunités de revenus. Dans ce domaine, les ONG accomplissent généralement un travail remarquable. Mais, en Mauritanie, elles sont handicapées par leur manque de structuration, de formation et de moyens et, en dépits des avancées sensibles au cours de ces deux dernières années, elles ne sont pas encore en mesure d’apporter une contribution à la hauteur des besoins, surtout à l’intérieur du pays où la misère est pourtant la plus présente. Il nous semble que la communauté internationale devrait apporter un concours plus substantiel que par le passé pour renforcer les capacités des ONG, pour les inciter à mieux s’organiser et pour améliorer l’efficacité des ressources qui sont mises à leur disposition. En ce qui le concerne, le SNU participera à cet effort. 

Mais, nous le savons tous, il y a aussi des besoins moins faciles à cerner et à satisfaire, alors qu’ils conditionnent tout autant la vitesse et la densité du développement national, sa durabilité aussi. 

Par exemple, la pression démographique, marquée pour de nombreuses années encore par une population majoritairement jeune et par l’étroitesse de la population active, nécessiterait, en plus des efforts déjà consentis pour l’éducation, des programmes plus importants en faveur des jeunes et les adolescents. L’insécurité alimentaire, la forte mortalité infanto-juvénile et maternelle et le bas niveau d’éducation limitent fortement la capacité de la population et des communautés à mobiliser leur potentiel de développement et donc le développement national lui-même. Les besoins de l’environnement, bien que reconnus dans les discours officiels et par les bailleurs de fonds, bénéficient d’un soutien aussi très insuffisant, qu’il s’agisse de la préservation des ressources naturelles, de la désertification ou de l’environnement urbain ; il y a aussi les besoins institutionnels qui son considérables et sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir après la présentation du Programme National de Bonne Gouvernance. 

Bref, ces besoins essentiels sont en quelque sorte pernicieux car, alors que de l’attention qu’on leur accord dépend la durabilité des efforts consentis pour l’économie et pour les infrastructures, la difficulté même de s’y attaquer conduit à les faire passer en second plan des financements. 

L’équipe du Système des Nations Unies en Mauritanie, sur la base de son expérience dans le pays et après avoir participé à la préparation du PRSP, s’est attelée au cours des mois passés à identifier les besoins qui relèvent précisément de ces domaines et ceux qu’elle pourrait contribuer à satisfaire dans les limites de ses moyens. Ce travail est consigné dans deux documents qui seront publiés en janvier prochain et que nous appelons le CCA et le UN.DAF, ce dernier document décrivant les quatre grands axes de nos programmes pour la période 2003-2008. 

Ces axes sont, la Gouvernance et les Droits de l’Homme, l’Education et plus généralement le développement des capacités humaines, la réduction de la mortalité infanto-juvénile et, enfin, la sécurité alimentaire, l’environnement et certains aspects du développement rural et urbain. En plus de ces axes sectoriels, nous avons retenu plusieurs thèmes qui vont être systématiquement pris en considération dans ces domaines sectoriels et qui sont : la protection des groupes vulnérables, y inclus les handicapés et les jeunes en conflit avec la loi, la lutte contre le SIDA, les problèmes liés au genre, la prise en compte des besoins des jeunes et des adolescents, la communication pour le changement et l’accès au NTIC. 
 

 


 
 
 

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© 2002 Nations Unies en Mauritanie. -- Dernière mise à jour le 06/02/2002
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