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DISCOURS DU REPRESENTANT RESIDENT DU PNUD
POUR LA CEREMONIE DE SIGNATURE DU PROJET SENSIBILISATION/FORMATION SUR LES DROITS DE L’HOMME
(23 août 2001)
Coordination| Centre d'Information | ONU-Flash | Contacts

L’origine du projet que nous signons aujourd’hui doit être située en 1999 lorsqu’une mission du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des  Nations Unies effectua une mission en Mauritanie pour y analyser la situation des droits de l’Homme. 

Les conclusions de cette mission furent agréées par le Gouvernement, de même que ses deux recommandations principales, à savoir : sensibiliser et former en matière de Droits de l’Homme et préparer ensuite un plan d’action pour améliorer la situation des Droits de l’Homme dans le pays.

Faisant suite à cette mission, le Haut Commissariat a élaboré avec le PNUD le document de projet que nous avons devant nous et qui se fixe précisément pour objectif de mettre en œuvre les recommandations de la mission du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme. Il prévoit de le faire à un rythme réaliste puisque le projet s’étalera sur une période de 17 mois, période qui sera conclue par la préparation du plan d’action. 

Pourquoi parler de formation et de sensibilisation sur une si longue période ? Cela pourrait paraître après tout étonnant, chacun étant convaincu d’avoir déjà à ce sujet des idées claires. 

Pourtant, cette période nous semble réaliste. En effet, il faut commencer par se documenter, avant de se lancer dans des débats contradictoires et responsables sur ces questions. Il n’est guère nécessaire dans beaucoup de cas de faire de nouvelles études, car la situation est suffisamment documentée : il faut d’abord collecter et partager l’information, puis la discuter pour arriver à une compréhension mutuelle, même si elle n’est pas nécessairement consensuelle.

Ce partage de l’information est la condition d’une meilleure transparence de la situation présente, qui est elle-même une condition de la décrispation des débats. Et cette décrispation est elle-même une condition pour la tenue de débats responsables, c’est à dire de débats constructifs visant à dégager  une vision progressivement consensuelle de ce que pourrait être la société mauritanienne de demain. Il faut bien identifier d’abord ses faiblesses, car comme chaque pays, la Mauritanie a les siennes. Il ne s’agit pas de les mettre en exergue, mais bien d’identifier comment elles peuvent être corrigées progressivement pour préparer le pays à affronter son avenir avec les meilleures chances de succès de réaliser ses objectifs de développement et en particulier ceux de la lutte contre la pauvreté. 

Les débats engagés cette année sur la préparation de la troisième conférence Mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée ont bien montré que susciter un débat responsable était bien la meilleure manière d’exorciser  les thèmes difficiles et, pour chacun, de défendre ses arguments, par opposition à les asséner et s’en servir pour cristalliser des désaccords au détriment d’une recherche de convergence d’idées ; convergence sans laquelle il n’est pas possible de décider ce qui peut être fait pour améliorer la situation. 

Améliorer la situation, voilà bien un objectif consensuel, d’ailleurs partagé avec tous les partenaires de la Mauritanie. C’est pourquoi, la mise en œuvre de ce projet, en plus du PNUD et du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, mobilisera le soutien de plusieurs autres partenaires comme par exemple la France, les Etats Unis, l’Allemagne et la FLM. Cette diversité constitue en soi une autre manifestation de la place et de l’importance accordée aux questions de droits de l’Homme dans le monde d’aujourd’hui. 

La communauté internationale a, en effet, de plus en plus conscience que le développement économique demeure tributaire du degré d’engagement des principaux acteurs du développement que sont les hommes, et que les restrictions en matière de droits et libertés peuvent être sanctionnées par un tassement du niveau de développement, voire sa régression. De nombreux exemples dans le monde confirment aujourd’hui cette étroite liaison. Il est avéré, par exemple, que la lutte contre la pauvreté ne peut être efficace que dans un espace où les droits et libertés des uns et des autres sont respectés et en particulier ceux des groupes les plus faibles. 

De nombreux progrès ont déjà été réalisés. Par exemple, l’adoption toute récente par le Parlement de deux lois dont l’une porte sur le code de statut personnel et l’autre rendant obligatoire l’enseignement fondamental, constituent des avancées majeures en matière de droits de l’Homme. En effet, ces nouveaux cadres juridiques viendront renforcer les mesures de protection en faveur des femmes et des enfants de Mauritanie, en adaptant notamment le droit national aux normes universelles. Ces initiatives  s’inscrivent dans une dynamique de création juridique féconde entamée ces dernières années qui traduisent l’approche graduelle choisie par le gouvernement pour traiter des questions essentielles de la société de demain. 

Donc, ce projet consistera essentiellement à organiser des d’échanges et une concertation sur toutes les questions se rapportant aux droits de l’homme et il permettra, suivant une démarche participative, d’accorder les positions de l’Etat, de la société civile ainsi que de tous les acteurs de la société mauritanienne sur ce que devrait être le  contenu d’un plan national d’action des droits de l’homme. 

Ce projet sera donc logiquement prolongé par la  mise en œuvre du plan d’action des droits de l’Homme,  hissant ainsi la Mauritanie au rang des rares Etats ayant mis en œuvre l’une des principales recommandations de la Conférence de Vienne de 1993, ce qui augmentera les chances de réussite de la mise en œuvre du cadre Stratégique de lutte contre la pauvreté, renforcera la position de la Mauritanie sur la scène internationale et lui ouvrira de nombreuses perspectives nouvelles.

Si la cérémonie de signature du présent projet intervient juste après celle du projet soutenant le lancement du Programme National de Bonne Gouvernance, ce n’est pas une coïncidence ou un hasard des calendriers.  Cela traduit au contraire l’engagement concret du Gouvernement sur ces questions complémentaires et constitue la preuve que celles-ci ne sont plus seulement des sujets réservés, mais qu’elles sont bien au centre des enjeux du développement national.

Le PNUD et les partenaires du développement de la Mauritanie soutiendront cet effort de longue haleine dans le quel la Mauritanie s’est engagée. 

Je vous remercie 
 


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© 2002 Nations Unies en Mauritanie. -- Dernière mise à jour le 11/02/2002
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