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DISCOURS DU REPRESENTANT RESIDENT LORS DE LA JOURNEE DE RESTIIUTION DE LA CONFERENCE REGIONALE DE DAKAR (17 mai 2001)
        
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L’origine du projet que nous signons aujourd’hui doit être située en 1999 lorsqu’une mission du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des  Nations Unies effectua une mission en Mauritanie pour y analyser la situation des droits de l’Homme. 

Les conclusions de cette mission furent agréées par le Gouvernement, de même que ses deux recommandations principales, à savoir : sensibiliser et former en matière de Droits de l’Homme et préparer ensuite un plan d’action pour améliorer la situation des Droits de l’Homme dans le pays.

Faisant suite à cette mission, le Haut Commissariat a élaboré avec le PNUD le document de projet que nous avons devant nous et qui se fixe précisément pour objectif de mettre en œuvre les recommandations de la mission du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme. Il prévoit de le faire à un rythme réaliste puisque le projet s’étalera sur une période de 17 mois, période qui sera conclue par la préparation du plan d’action. 

 Mais, ce plaisir est doublé par deux autres considérations non moins importantes. Au-delà de prémunir le pays contre des maux qui pourraient ralentir son développement, la lutte contre le racisme et la discrimination raciale donnera de la Mauritanie une image plus conforme à sa réalité historique et cultuelle et, plus important encore, elle lui permettra de mieux tirer parti de cette diversité  culturelle et raciale qui contribue à son attrait et à sa richesse, comme l’ont rappelé ces derniers jours les Présidents de la République Islamique de Mauritanie et de la République du Sénégal. 

 Lors du sommet du millénaire qui s’est tenu  à New York à la fin de l’année dernière, de nombreux Chefs d’état et de gouvernement ont signé une Déclaration intitulée « Tolérance et diversité. Une vision pour XXIème siècle ». Cette déclaration soutenue par Monsieur Kofi Annan, Secrétaire Général de l’ONU, et parrainée par Monsieur Nelson Mandela, se fonde principalement sur l’observation suivante : la persistance du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de toutes les formes d’intolérance a pour origine la peur, peur de ce qui est différent, peur de l’autre, peur de voir sa sécurité personnelle menacée. Et ce sont ces peurs qui conduisent à des actes déraisonnés qui forcent les sociétés à se doter d’instruments toujours plus sophistiqués pour protéger les droits fondamentaux des personnes.

 C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il est nécessaire de renforcer les moyens dont disposent les Etats par une juridiction pénale internationale dont les compétences seraient complémentaires de celles des Etats. Cette juridiction existe en projet et ses statuts ont même été signés à Rome il y a déjà 4 ans, mais elle n’a pas encore vu le jour parce que le nombre des ratifications est insuffisant. D’ores et déjà pourtant, des tribunaux pénaux internationaux ad hoc ont été créés pour l’ex Yougoslavie et le Rwanda qui donnent la mesure du degré d’engagement de la Communauté internationale  à mieux protéger la vie de l’homme.

Monsieur le Commissaire, les conventions internationales fournissent les valeurs et les normes dont se nourrissent les juridictions internationales. En signant la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Mauritanie a donc pris une décision importante. Il ne s’agit pas seulement  d’un acte symbolique. Elle ne s’est pas contentée de formuler des vœux pieux. Elle l’a prouvé en organisant le 11 janvier la journée commémorative de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme consacrée à la lutte contre le racisme ; et elle le prouve encore aujourd’hui en ouvrant la discussion de cette journée sur le contenu de la  convention et en poussant plus loin la réflexion, par une discussion des actes de la Conférence Régionale Africaine qui s’est tenue à Dakar en février, et en  confrontant le racisme aux valeurs de l’Islam. 

La prochaine étape consistera à assurer une large diffusion de la convention pour que les populations y soient sensibilisées. A cet égard, il serait d’ailleurs souhaitable que la convention soit traduite dans les langues nationales afin que toute les populations du pays puissent en prendre connaissance. 

En fait, la sensibilisation  et la vulgarisation de la convention devront  être organisées sous  la forme de  campagnes, comme on l’a déjà fait pour d’autres volets des droits de l’homme. Dans une étape ultérieure il est prévue que le gouvernement élabore  un plan national des droits de l’homme qui  précisera les grandes orientations du pays dans ce domaine et identifiera les interventions dont il pense avoir besoin pour les mettre en œuvre.

 Je ne voudrais pas préjuger des conclusions de cette journée de réflexion, mais je voudrais vous renouveler ma conviction, exprimée lors de la journée commémorative de la déclaration universelle des Droits de l’Homme,   que la Mauritanie a encore plus de raisons et d’atouts que beaucoup d’autres pays pour prendre des positions d’avant garde sur les questions du racisme et de la xénophobie. En effet, la force de son peuple réside précisément  dans la diversité  de ses races et de ses cultures ainsi que  dans sa position stratégique dans cette partie du continent.

 La participation de nombreux décideurs politiques, et d’une large frange de la Société civile et du mouvement associatif, et en particulier des femmes et des jeunes, à la journée du 11 janvier et votre participation à cette journée montrent que la Société Mauritanienne partage probablement cette vision.

La Mauritanie a donc la possibilité de montrer à la communauté internationale que l’espoir formulé à New York lors du Millenium de voir naître une solidarité qui ferait de chaque homme, de chaque femme et de chaque enfant un membre d’une seule famille, la famille humaine, n’est pas un espoir vain.  Le chemin est encore long parce que beaucoup d’archaïsmes subsistent dans les comportements sociaux de la Société Mauritanienne, mais ce chemin est tracé et les sociétés évoluent vite quand les  volontés politiques sont fortes.

 Le PNUD et, j’en suis sûr, les autres partenaires de la Mauritanie, l’accompagneront dans cette longue marche qui devrait faire de la Société mauritanienne une société dont la diversité est un facteur de richesse enviée  par tous ses voisins.

 Je vous remercie.


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© 2002 Nations Unies en Mauritanie. -- Dernière mise à jour le 11/02/2002
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