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Signature du Projet Education des filles
Le jeudi 22 février 2001 au Ministère de l’Education Nationale
Réponse du Coordonnateur résident au discours du
Ministre de l’Education Nationale
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Le titre du projet: « Eduquer les adolescentes pour soutenir le développement des communautés » montre l’importance très grande de la scolarisation, en particulier des filles, pour la lutte contre la pauvreté et le développement.  Ceci est d’autant plus vrai en Mauritanie où les moins de 18 ans constituent 50 % de la population totale. C’est pour cette raison que le gouvernement mauritanien a consenti des efforts importants pour rendre l’éducation fondamentale accessible à tous.

Cependant, les filles sont encore trop peu scolarisées au niveau de l’enseignement secondaire : le taux brut de scolarisation des filles passe de 84% dans l’enseignement du premier degré à 14% en moyenne au niveau de l’enseignement secondaire. A ceci s’ajoutent des taux très élevés de déperdition en cours de scolarité: sur 1000 filles admises en 1ère année de l’enseignement secondaire, 574 passent en second cycle et 441 arrivent en 6ème année. Et elles ne sont que 73 à obtenir leur diplôme. En effet, le taux de réussite des filles au baccalauréat est de moitié inférieur à celui des garçons.

Aussi, ce projet a pour objectif principal de faire progresser rapidement la scolarisation des filles dans le cycle de l’enseignement secondaire et de renforcer leur autonomie pour leur permettre de participer efficacement au développement socio-économique de leur communauté. Deux produits majeurs sont attendus de l’exécution de ce projet:

1) Un accroissement de la demande d’éducation des filles au premier cycle du secondaire;
2) L’amélioration de la fréquentation et du rendement scolaire des filles dans le cycle

Il s’agit d’un projet pilote, ciblé sur les quatre régions dans lesquelles les statistiques concernant la scolarisation des flles sont les moins bonnes : l’Assaba, le Brakna, le Gorgol et le Guidimagha.

Les principales études sur les contraintes à la scolarisation des filles en Mauritanie montrent que les filles ont de grandes difficultés à poursuivre leurs études et réussir aux examens pour des raisons multiples et interactives. Il s’agit notamment de l’extrême pauvreté des parents, qui ne peuvent payer les frais liés à la scolarisation, de la distance à parcourir entre les collèges situés dans les villes et le lieu de résidence, ou encore des tâches domestiques que les adolescentes doivent assumer traditionnellement, que ce soit dans leur famille ou chez les parents qui les accueillent en ville. Mais il y a également les mariages et les maternités précoces (une fille sur deux est mariée dès l’âge de 14 ans), et les représentations sociales discriminatoires de l’identité et du rôle de la femme, avec pour corollaire la dévalorisation des études des filles. Le nombre réduit de femmes enseignantes au niveau de l’enseignement secondaire ne permet pas encore de compenser cette image. 
 
Aussi, afin de maximiser l’impact du projet et favoriser au maximum la scolarisation des filles, le projet signé aujourd’hui adopte une démarche novatrice :
 

  • Tout d’abord, il adopte une approche multisectorielle et intégrée, ceci afin de prendre en compte l’ensemble des facteurs de blocage identifiés. Il y aura pour cela huit axes d’intervention complémentaires, qui sont : l’appui aux familles les plus nécessiteuses par la constitution de fonds de crédit, la création de foyers d’accueil, l’amélioration des infrastructures scolaires, des actions de plaidoyer et de mobilisation sociale en faveur de la scolarisation des filles, le renforcement des compétences des enseignants et de la pertinence des contenus éducatifs, l’animation de la vie scolaire, et la mise en place de différentes formes de soutien scolaire. 
  • Le projet sera mené selon une approche participative et décentralisée : une telle approche permet d’impliquer et de relier, à chacun des niveaux, les structures et les personnes concernées.
  • Le projet vise aussi à déterminer un modèle d’intervention pour l’amélioration de la scolarisation des filles, généralisable à l’ensemble du pays, qui sera réalisé sur la base des résultats du projet dans les 4 régions ciblées. 
  • Pour les Nations Unies en Mauritanie, ce projet montre enfin une voie nouvelle : réalisé par le Gouvernement, ce projet implique directement le PNUD, l’UNICEF, le FNUAP, l’OMS, l’ONUSIDA et a le soutien de la FAO et du PAM. Construit sur la complémentarité des agences, un tel projet conjoint permet de tirer le meilleur parti des spécialités de chacune, et de construire un réel projet intégré. 


C’est parce qu’il touche un axe essentiel du développement, l’éducation des filles, et qu’il développe une approche pilote, qui devrait permettre de relever de manière significative la solarisation des filles, que UNFIP, financé par la Fondation Turner, a accepté de financer ce projet, pour un montant 1 553 000 US dollars.

Ce projet, qui va démarrer le 1er mars pour une durée de trois ans et demi, devrait ainsi permettre, dans les quatre régions ciblées, d’augmenter de 50% les effectifs féminins au secondaire, de réduire sensiblement le taux de déperdition et de porter le taux de réussite aux examens de fin de cycle au niveau des garçons.
 


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