Atelier de dissémination des résultats de l'enquête sur la fréquentation des maisons de jeunes en Mauritanie
Quels sont les jeunes qui fréquentent les maisons des jeunes, quels sont ceux qui ne les fréquentent pas et comment les attirer ? Ce sont les questions que se sont posées le vendredi 3 février la cinquantaine de participants à l’atelier de dissémination des résultats de l’enquête sur la fréquentation des maisons de jeunes en Mauritanie.
Cette étude organisée conjointement par la Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports et l’UNFPA et menée par l’ONG internationale Population Council avait pour but de faire le point sur la fréquentation des maisons des jeunes, les jeunes qui y viennent et sur les activités proposées. Menées du 24 novembre au 8 décembre par des enquêteurs mauritaniens dans 18 maisons de jeunes actives, cette étude a permis de mieux connaître ces structures. Ainsi, l’étude met en évidence une disproportion en terme de genre : sur l’ensemble des jeunes qui sont venus durant cette période dans les maisons des jeunes, seuls 17% étaient des filles. De même, les activités proposées sont très variables d’une maison à l’autre, la majorité ne proposant que des activités sportives, notamment le football.
Après l’énoncé des résultats, les participants de l’atelier ont donc échangé sur la façon de combler les faiblesses et insuffisances décelés afin de pouvoir proposer des programmes d’activités susceptibles d’intéresser le plus large éventail de jeunes possibles et en particulier les jeunes filles, les jeunes travailleurs et les jeunes des écoles coraniques. Les problèmes mis en avant ont été les suivants : manque d’infrastructures adaptées, manque de moyens et d’équipements et manque d’animateurs.
Cette étude met à la disposition du gouvernement mauritanien et des partenaires au développement des donnés et des informations de nature à permettre une plus grande prise en compte des préoccupations et attentes des jeunes à la lumière des réalités du terrain.
De même, l’outil utilisé (la fiche de collecte) va, grâce à sa simplicité et son adaptation au contexte mauritanien, pouvoir être réutiliser par toute structure le désirant afin de pouvoir évaluer l’impact des ces activités parmi les jeunes.
La prochaine étape de ce processus va aboutir à la tenue en avril d’un atelier sous-régional réunissant tous les pays ayant participé à l’enquête (Guinée-Bissau, Burkina- Faso et Mauritanie).
Enfin, il faut rappeler que cette enquête a lieu dans le cadre du partenariat entre le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports et l’UNFPA dans le domaine de la promotion de la jeunesse et de la prévention des IST/VIH/SIDA. Ce programme qui place les adolescents et les jeunes au cœur de son action en tant qu'acteurs et bénéficiaires développe une véritable synergie et un partenariat fort avec les acteurs de la société pour créer un environnement propice à la promotion des droits des jeunes en SR et prévention du VIH/Sida.
Parmi les acquis de ce programme l’élaboration d’une politique Nationale de la Jeunesse, l’élaboration d’un curriculum et guide harmonisés de formation par les pairs et la mise en place, au sein des maisons de jeunes, de six centres d’écoute et de conseils pour les jeunes.
Journées de sensibilisation sur les fistules obstétricales
Plus de cent soixante (160) sages femmes réparties sur une grande partie du territoire national sont désormais dotées des connaissances requises pour contribuer efficacement à la lutte contre le fléau des fistules obstétricales une affection jusque là largement méconnue au niveau du pays et même au sein du corps médical.
L’association des sages femmes mauritaniennes vient en effet de clôturer le mercredi 18 janvier 2006, une série de journées de sensibilisation sur les fistules obstétricales qui a couvert cinq Wilaya (Régions) du pays : Nouakchott, Trarza, Dakhlet Nouadhibou, Brakna et Assaba.
Organisées avec l’appui technique et financier du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) ces journées ont permis d’informer les sages femmes sur la stratégie nationale de lutte contre les fistules obstétricales, de les former sur le diagnostic de cette affection et sa prévention ainsi que sur l’accueil, l’orientation et le suivi des femmes affectées.
Etant le premier contact des femmes au niveau des structures médicales, les sages femmes sont à même de jouer un rôle décisif dans la prévention des fistules et dans le processus de prise en charge des fistuleuses. A noter que les sages femmes ont largement contribué au recrutement de la vingtaine de fistuleuses qui ont déjà bénéficié du traitement gratuit et du programme de prise en charge mis en œuvre dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre les fistules obstétricales élaborée et exécutée avec l’appui de l’UNFPA.
La mise en œuvre de la stratégie a effectivement démarré en juillet 2005 avec l’organisation de missions de formation et de réparation de fistules obstétricales avec le concours de l’ONG française équilibre et population. Ces missions ont permis de traiter une vingtaine de cas de fistuleuses référées depuis l’intérieur du pays.
Une session de formation a également été organisée avec l’Institut National des Spécialités Médicales et a permis de former un pool national de gynécologues , urologues et sages femmes sur le traitement chirurgical et les soins post-opératoires des fistules obstétricales. De grands spécialistes de renommée internationale, français, maliens et sénégalais ont animé cette session.
Un processus de recherche active des cas de fistuleuses est en cours avec l’organisation de missions de sensibilisation et d’information sur les fistules obstétricales à l’intérieur du pays.