un ambitieux projet pour lutter contre les souffrances et les pertes en vies humaines
La Mauritanie, signataire de la Convention d’Ottawa sur les mines anti-personnels, a engagé un important programme de déminage humanitaire. Les agences du Système des Nations-Unies, et en particulier le PNUD et l’UNICEF, y apportent leur soutien, en coopération avec l’ensemble des partenaires au développement. L’objectif, en accord avec la convention d’Ottawa, est de supprimer l’ensemble des mines antipersonnelles sur le territoire mauritanien d’ici 2011 et d’éviter ainsi l’impact néfaste des mines sur les êtres humains, le développement et l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
La Convention d’Ottawa
La Convention d’Ottawa sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction date du 18 septembre 1997. Cette convention a pour objectif l’élimination des mines antipersonnel et ainsi un des fléaux les plus importants de l’humanité. Elle stipule que la responsabilité ultime incombe aux Etats. Il est leur tâche de faire cesser les souffrances et les pertes en vies humaines causées par les mines antipersonnel qui tuent ou mutilent des centaines de personnes chaque semaine, pour la plupart des civils innocents et sans défense, en particulier des enfants, et qui entravent le développement et la reconstruction économiques.
La Mauritanie a ratifié la convention en 2000, son entrée en vigueur date du 1 er janvier 2001.
Le problème des mines en Mauritanie
La Mauritanie a un problème de mines au nord du pays suite au conflit dans la région du Sahara de l’Ouest entre 1975 et 1978. Des mines, dont le nombre est estimé à plusieurs centaines de milliers, tuent et blessent des mauritaniens innocents. Ainsi, 12% de la population est affecté dans les trois régions du nord, un tiers du territoire national (310000 km2), qui a un important potentiel économique. L'emplacement de la plupart des champs de mines au nord de la Mauritanie n'a pas été répertorié sur des cartes par les forces armées quand elles avaient posé les mines, fait qui rend difficile la détermination de l'impact des mines terrestres ainsi que leur élimination.
Par conséquent, les mines empêchent la pleine utilisation du potentiel économique et humain qui est essentiel pour que la Mauritanie puisse atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté et de réalisation des OMD.
Un contexte national prometteur
Suite à la ratification de la convention d’Ottawa, le gouvernement mauritanien a mis en place un bureau national pour le déminage humanitaire (BNDH) et une commission nationale responsable pour superviser la réalisation des activités prévues par la convention. En plus, une task force, constituée du Coordonnateur Résident du Système des Nations-Unies en Mauritanie, des représentants de l’UNHCR, de l’UNICEF, du PNUD, du Bureau national du déminage humanitaire (BNDH) et du Chargé de coordination a été créé. Des réunions de coordination avec l’ensemble des partenaires au développement ont régulièrement lieu.
Des activités importantes ont déjà été entreprises. Le dernier stock de mines antipersonnel en Mauritanie a été détruit fin 2004, suite à un projet financé par le gouvernement du Canada à travers le PNUD. Depuis 2001, l’UNICEF intervient dans le domaine de l’éducation aux risques liés aux mines et a entrepris d’importantes activités. D’autres partenaires au développement, et notamment les Etats-Unis, ont également financé des activités de déminage humanitaire.
Le renforcement des capacités du bureau national pour le déminage humanitaire
Estimant qu’une action durable contre les mines ne peut se faire que par le biais de structures nationales performantes et dotées des moyens nécessaires pour faire face aux importants défis posés par le déminage humanitaire, le PNUD a mis en place le projet « renforcement des capacités ». En étroite collaboration avec le BNDH et l’ensemble des partenaires, ce projet prévoit le recrutement d’un conseiller technique principal (CTA, chief technical adviser). Il est arrivé en Mauritanie en novembre 2005. Son rôle principal sera d’assister les autorités nationales dans la mise en œuvre de la Convention d’Ottawa et de procéder à une analyse détaillée de l’ampleur du problème des mines en Mauritanie. Il fournira une assistance technique ciblée pour renforcer le cadre institutionnel existant aussi bien qu'une aide au gouvernement mauritanien pour introduire l'action contre les mines dans le Cadre Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté et d'autres stratégies et plans de développement nationaux.
Ce projet est soutenu par le bureau pour la prévention des crises et le relèvement du PNUD et les partenaires au développement, notamment l’Allemagne.
Chief Technical Adviser (CTA)
Un CTA ou conseiller technique principal est un expert qui travaille auprès d’une agence des Nations-Unies pour conseiller les Nations-Unies, l’administration nationale et les autres partenaires au développement dans un domaine de compétence très spécifique. Souvent recruté pour des périodes plutôt courtes (un ou deux ans), un CTA se voit normalement confier une mission bien précise, dont l’objectif principal est le renforcement des capacités. Ce renforcement des capacités passe non seulement par la formation des ressources humaines, mais aussi par la création et/ou l’adaptation de structurelles institutionnelles aux défis du développement et des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Un cadre pluriannuel
Le recrutement du CTA s’inscrit dans un cadre de planification pluriannuel (2006-2009). La « Mine Completion Initiative », élaborée par le BNDH avec le concours des agences du Système des Nations-Unies, est basée sur une identification des défis en Mauritanie qui se trouvent dans les domaines suivants: a) ressources humaines limitées, b) inexistence d’institutions décentralisées, c) absence d’une cartographie fiable des mines, d) ressources techniques insuffisantes, e) niveau faible de prise de conscience pour le problème, f) assistance aux victimes inexistante selon les dispositions de la convention.
Elle suggère une stratégie de mise en œuvre de la convention d’Ottawa qui repose sur les quatre axes suivants:
- Campagnes de déminage dans les régions affectées
- Information et sensibilisation des populations cibles
- Assistance médicale et sociale aux victimes
- Renforcement des capacités des institutions nationales
Les activités proposées permettront à la Mauritanie de résoudre tous ses problèmes liés aux mines. En particulier, elles permettront de déminer son territoire, d’atteindre la sécurité dans les zones en danger, de sensibiliser la population, d’assister les victimes des mines et de renforcer les capacités nationales et régionales. En fin de compte, ces activités contribueront à la réalisation des OMD, vu que la résolution du problème des mines aura des impacts positifs majeurs sur le développement humain et économique en Mauritanie.
Destruction des mines à Nouadhibou