Dans
le cadre de la mise en oeuvre de la réforme des Nations Unies,
les agences ont réalisé une analyse de la situation
nationale, ciblée sur la lutte contre la pauvreté
et les secteurs prioritaires pour le pays, compte tenu du mandat
des agences des Nations Unies. Il rejoint donc les importants exercices
en cours au niveau national, et les appuiera par l'introduction
d'une approche qualitative de la pauvreté et l'approfondissement
de l'analyse dans des secteurs clés.
Une
enquête
qualitative sur la pauvreté ainsi que trois études
spécifiques sur la contribution actuelle et potentielle à
la lutte contre la pauvreté de l'agriculture,
de l'élevage
et de la pêche
ont été menées. Une analyse
causale de 15 problèmes clés a permis d'identifier
les obstacles majeurs à la lutte contre la pauvreté.
L’ensemble
de cette analyse est résumée dans le Bilan
commun de pays (CCA), devenu document de référence
pour les Nations Unies et toutes les agences de développement
en Mauritanie.
Sur
la base de l'ensemble de ces travaux, les agences ont précisé,
en liaison avec les acteurs du développement (Gouvernement,
société civile, partenaires au développement,
agences non résidentes ayant des programmes en Mauritanie),
les objectifs à la réalisation desquelles elles s'engageront
dans le cadre de leur futurs programmes de pays. Ils ont élaboré
le Plan
cadre pour l'aide au développement (UNDAF). Fondé
sur le Cadre
stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP)
et les Objectifs
du millénaire pour le développement (OMDs), l'UNDAF
constitue le programme cadre de soutien du SNU à la Mauritanie.
Il dégage quatre axes prioritaires d’intervention,
qui sont :
-
La
gouvernance et les droits de l’homme
-
La
lutte contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile
-
L’éducation
et la formation
-
La
lutte contre la pauvreté par une gestion durable de l’environnement,
la sécurité alimentaire, et l’accès aux
ressources
Harmonisation
des cycles de programmation
Afin
de pouvoir dégager la meilleure complémentarité
dans le cadre de leurs actions, il était nécessaire
d’harmoniser les cycles de programmation des agences. Un calendrier
a été défini, et a permis d’atteindre
l’objectif : en début 2003, les quatre agences du United
Nations Development Group (PAM, PNUD, UNFPA, et UNICEF) ont fait
avaliser par le gouvernement Mauritanien et leurs sièges
respectifs leurs programmes de pays, s'inscrivant dans le cadre
de l'UNDAF, et sur la période 2003-2008. Ces programmes se
déclinent désormais en plans d’actions annuels,
dont chacun fait l’objet d’une concertation croisée
avec les autres agences.
La
FAO, le HCR et l’OMS sont des agences spécialisées,
répondant chacun à certaines spécificités
:
-
Le fonctionnement de la FAO comme agence technique d’exécution
fait que sa programmation se fait obligatoirement année
par année
-
Le HCR est une agence répondant aux urgences aux quelles
font face les réfugiés, et à ce titre, n’a
pas de programme permanent en Mauritanie
-
L’OMS consacre la presque totalité de ses ressources
à l’appui au Ministère de la Santé
et des Affaires Sociales, et s’aligne donc sur le cycle
de programmation de ce ministère, actuellement 2001-2003.
Il n’empêche que ces agences tiennent compte des axes
prioritaires UNDAF dans l’élaboration de leurs plans
d’action.
Mécanismes de mise en oeuvre
et de suivi-évaluation de l’UNDAF, à travers
un dispositif de groupes thématiques (extrait d’un
document de travail pour le pilotage)
Les
orientations stratégiques et les priorités figurant
dans l’UNDAF 2003-2008 ne peuvent se réaliser que si
un certain nombre de conditions sont réunies dont :
-
L’élaboration avec la participation des agences des
Nations Unies des programmes de pays de chaque agence
-
Le suivi évaluation conjoint des programmes
-
Le suivi de la mise en oeuvre de l’UNDAF, l’élaboration
de rapports standards sur la mise en oeuvre, et la capitalisation
des leçons apprises
-
La gestion axée sur les résultats
-
L’utilisation d’outils harmonisés pour la programmation,
le suivi de l’exécution et une approche harmonisée
de la modalité d’exécution nationale
-
Le développement d’une base de données conjointe
des programmes
-
Une bonne stratégie de plaidoyer, de communication et de
mobilisation de ressources
-
Un bon support au niveau des opérations et le développement
de services conjoints
-
La participation du gouvernement, des institutions de l’Etat
et de la société civile
A
cet effet un dispositif est conçu avec des mécanismes
organisés au niveau interne des agences avec une interface
avec la partie nationale comme suit :
1)
L ’équipe de pays
Elle regroupe les chefs d’agences et est présidée
par le Coordonnateur Résident. Elle est responsable de l’orientation
stratégique, du contrôle de la mise en oeuvre, prend
les décisions de réorientation et de coordination
générale de l’UNDAF, imprime la politique en
matière de dialogue et de mobilisation de ressources. Cette
coordination se fait au niveau politique avec le MAED, avec un dialogue
avec les responsables des institutions de l’Etat.
Ses fonctions se résument comme suit :
o Orientations stratégiques en fonction de l’évolution
du contexte national, des interventions des autres partenaires au
développement, et des résultats du suivi-évaluation,
pour assurer la bonne mise en œuvre globale de l’UNDAF
o Revue du plan annuel d’opérations consolidé
et du rapport annuel. Veiller notamment à la mise en œuvre
d’une approche inter-sectorielle et à la prise en compte
des thèmes transversaux.
- Recherche de synergies avec les agences résidentes et non-résidentes,
en établissant des objectifs portant sur la mise en place
d’activités conjointes et l’harmonisation des
modalités de mise en oeuvre et de reporting des programmes
des agences
- Dialogue régulier sur la mise en oeuvre de l’UNDAF
avec le Ministère des Affaires Economiques et du Développement
(MAED). L’équipe de pays s’appuie sur des mécanismes
techniques (le groupe programmes UNDAF et les groupes thématiques)
et son secrétariat est assuré par le BCR.
2)
Le groupe programmes UNDAF (anciennement « comité de
pilotage »)
Il est le bras opérationnel de l’équipe de pays
en matière de programme. Présidé par un chef
d’agence désigné et composé des coordonnateurs
des programmes des agences et du chargé de coordination du
BCR. il est chargé de :
2.1) Au niveau de l’élaboration des programmes
- Encourager et suivre l’élaboration et l’évaluation
conjointe des programmes individuels des agences pour s’assurer
que les agences s’alignent sur les priorités de l’UNDAF
- Mesurer de degré de contribution des programmes des agences
aux résultats attendus
- Veiller à la synergie et à la complémentarité
entre les interventions.
- Promouvoir le développement de programmes conjoints inter-agences
2.2) Pour le suivi de la mise en oeuvre de l’UNDAF
- Le suivi conjoint des programmes des agences, les missions conjointes
de projets/programmes, la participation croisée aux mécanismes
de pilotage des programmes des agences
- Le développement d’une base de données des
projets et programmes des agences en rapport avec le BCR (web-master,
dans le cadre du développement de l’intranet)
- L’élaboration de rapports standards sur la mise en
oeuvre des programmes individuels et de l’UNDAF
- L’utilisation d’outils harmonisés pour la programmation,
le suivi de l’exécution et une approche harmonisée
de la modalité d’exécution nationale
- Le développement d’outils de gestion axée
sur les résultats
2.3) Sur le plan opérationnel
- suivi des travaux des groupes sectoriels thématiques et
transversaux mis en place pour la mise en oeuvre de l’UNDAF
(voir organisation des groupes dans documents précédents)
- propositions de réorganisation de ces groupes en rapport
avec les nouvelles priorités.
Son
interface est le DDS dans le cadre d’un comité technique
des programmes regroupant les représentants des structures
techniques correspondantes des groupes thématiques, y compris
les représentants de l’administration, mais également
les partenaires au développement, les ONGs et la société
civile intervenant dans le domaine.
Chaque groupe thématique aura pour interface le Ministère
technique le plus directement concerné par le thème.
3)
Le groupe technique de suivi des indicateurs
Son rôle est d’éclairer l’équipe
de pays sur les résultats atteints. Pour ce faire, il aura
besoin de développer une méthodologie commune d’évaluation
et de disposer d’une base de données d’indicateurs
pertinents.
Présidé par un chef d’agence, il est comprend
les points focaux indicateurs et évaluation des agences
4)
Le comité des infocoms
Il a pour mission d’assurer une visibilité de l’UNDAF
et de développer un partenariat avec d’autres bailleurs
de fonds, et de participer aux actions de plaidoyer et de mobilisation
de ressources. Présidé par un chef d’agence,
il est composé des chargés d’information et
de communication des agences et de la documentaliste senior du CID.
Il a pour interface le Ministère de la Communication avec
l’implication d’un réseau des communicateurs
regroupant des représentants de la presse publique et privée.
5)
L’équipe de gestion des Opérations
Il est chargé de développer des mécanismes
harmonisés de gestion administrative et financière
des opérations des agences et de développer des services
communs interagences, en collaboration avec les chargés des
ressources / finances. Il est présidé par un chef
d’agence désigné et comprend les chargés
d’administration des agences.
-
Assurer le secrétariat administratif de l’équipe
de pays
-
Impulser le dynanisme requis dans le fonctionnement du dispositif
décrit
-
Coordonner l’élaboration du plan de travail et du
rapport annuel du coordonnateur
-
Faciliter la réalisation des activités prévues,
notamment en contribuant au processus de sélection d’une
région pilote et à la mise en oeuvre d’une
approche commue
-
Informer de façon régulière les autres parties
du dispositif sur les directives et les expériences d’autres
pays
-
Appuyer le groupe programmes UNDAF pour l’élaboration
d’un rapport d’étape de mise en oeuvre de l’UNDAF
au moins une fois par semestre à l’attention de l’équipe
de pays
-
En concertation avec le groupe programmes UNDAF, développer
une base de données des programmes sur l’extranet
Ce
dispositif est précisé par un organigramme.
Région pilote
Ce
mécanismes organisationnel permettra aux agences de dégager
un maximum de complémentarités dans leurs actions,
et plusieurs mécanismes ont été retenus pour
permettre tester des mesures de simplification et d’harmonisation
des procédures, augmenter l’impact du Système
des Nations Unies (SNU) sur le terrain, et de façon générale
appuyer la mise en oeuvre de l’UNDAF :
-
choix d’une zone pilote de concentration
-
programmation commune dans le cadre de la mise en œuvre de
l’UNDAF
-
harmonisation des revues annuelles et mi-parcours des programmes
de développement
-
revue annuelle de la mise en œuvre CCA/UNDAF avec le gouvernement
Dans
ce cadre, le SNU a choisi l’Assaba comme zone pilote, sur
la base des critères de pauvreté et de vulnérabilité
et en raison du poids des interventions de toutes les agences dans
cette zone. Cette zone servira a tester les procédures et
modalités communes de mise en œuvre et de suivi-évaluation
(établissement d’une base de données en liaison
avec les cellules régionales de suivi statistique, évaluations
communes). La concertation entre les Agences des Nations Unies et
la partie nationale pourra notamment s’exercer dans le cadre
de l’appui à la décentralisation et à
la gouvernance locale et de la régionalisation du Cadre stratégique
de lutte contre la pauvreté.
Etude de mise en oeuvre du Plan cadre des Nations Unies pour l'aide au développement (UNDAF) : Wilaye de l'Assaba [ PDF 273 K ]
|