| Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) à
Dakar a lancé aujourd'hui un appel à la communauté
internationale pour un secours alimentaire d'urgence en faveur
des cinq pays du Sahel occidental, où des centaines de
milliers de personnes sont menacées par la famine.
Pour éviter une catastrophe humanitaire, le PAM est
à la recherche de 28 MILLIONS DE DOLLARS pour acheter
rapidement des produits alimentaires afin d'aider à
nourrir 420.000 personnes souffrant de trois années
consécutives de sécheresse grave en Mauritanie
méridionale, ainsi que 160.000 personnes au Cap Vert,
en Gambie au Mali et au Sénégal.
Tandis que la sécheresse continue à traverser
les pays africains arides sur le bord méridional du
désert du Sahara, «le pays le plus affecté
dans la région est la Mauritanie, où la population
dans les régions les plus pauvres, fait face à
la plus grande crise alimentaire depuis des années
et le nombre d'indigents augmente considérablement»
a mentionné M. Manuel A. DA SILVA, Directeur Régional
du PAM pour l'Afrique de l'Ouest.
Le gouvernement de la République Islamique de Mauritanie
a déjà déclaré l'état d'urgence
et a lancé un appel à l'aide internationale.
La Mauritanie se trouve au centre de la crise alimentaire
et des centaines de milliers de personnes seraient confrontées
à la famine à moins que l'aide arrive rapidement,"
a déclaré Manuel DA SILVA, Directeur Régional
du PAM pour l'Afrique de l'Ouest, en plus de la sécheresse
lourde, des pluies saisonnières hors saison l'année
dernière, ont occasionné la perte de dizaines
de milliers de têtes de bétail, sur lequel les
ménages comptaient pour survivre, pendant la période
de soudure qui commence en février.
Les communautés agricoles en Mauritanie souffrent
déjà des maigres récoltes de l'année
2001. Les sinistrés ont vidé les réserves
de grains et des familles sont forcées de sauter des
repas pour faire face au manque de nourriture. Les populations,
dans la plupart des secteurs ruraux arrivent à peine
à s'en sortir et la malnutrition aiguë augmente
les taux de mortalité infantile.
M. A. DA SILVA a souligné que l'Aftout, situé
à environ 400 kilomètres de Nouakchott, est
vraisemblablement la zone de crise alimentaire la plus cachée
de l'Afrique et la situation en Mauritanie ne semble pas retenir
la même attention des donateurs que d'autres crises
à travers le monde. En général, les habitants
faisaient de leur mieux pour s'entraider et le personnel humanitaire
fait également tout pour les assister. Ce sont cependant
des périodes exceptionnelles et le risque de famine
menace des centaines de milliers de personnes d'une population
de 2,7 millions.
Pendant des années, les villageois de la région
de l'Aftout ont mené une bataille de plus en plus rigoureuse
contre l'invasion du sable. Mais les habitants de l'Aftout
n'ont jamais traversé une année comme celle-ci.
Ils comptaient sur la terre et sur les cueillettes sauvages
pour leur survie mais à présent la sécheresse
a tout détruit.
Le sable a envahi les parcelles végétales,
s'est infiltré dans les puits et on ne voit plus que
les roches et le sable. Dans quelques villages, des familles
sont réduites à manger les baies sauvages, souvent
toxiques, à moins qu'elles n'aient été
imbibées dans l'eau pendant plusieurs jours. Il faut
parfois parcourir 15 kilomètres à pied pour
chercher de l'eau.
Les habitants des îles du Cap Vert - au large de la
côte Atlantique de l'Afrique - souffrent également
des conséquences d'une mauvaise récolte de 2002.
Selon les évaluations du PAM, beaucoup de familles
ont consommé leurs réserves de grains et n'ont
rien à planter à la prochaine campagne agricole.
En juin 2002, et pour la première fois depuis plus
de 20 ans, le gouvernement du Cap Vert a lancé un appel
à l'aide alimentaire internationale, pour faire face
au déficit alimentaire et à la malnutrition.
«L'appel d'urgence lancé par le PAM pour le
Sahel occidental vise à aider 580.000 personnes avec
55.000 tonnes de nourriture dans la région, pour environ
douze mois. Pour faire face à cette situation, des
dons sont sollicités de la façon la plus urgente»,
a déclaré M. Manuel A. DA SILVA, Directeur Régional
du PAM pour l'Afrique de l'Ouest.
|